Fannie* (nom fictif) nous appelle en fin d’après-midi pour discuter. Elle nous dit que ça ne va pas bien avec son conjoint ces temps-ci. Qu’ils se chicanent de plus en plus pour des détails. Elle mentionne que le ton monte plus souvent qu’autrement. Parfois, il arrive que son conjoint lui dise des remarques qui la blessent, à d’autres moments, il lui fait la gueule parce qu’elle n’a pas fait ce qu’il lui avait demandé. Parfois il s’excuse, d’autres fois, il lui dit que c’est de sa faute. Puis, Fannie nous dit que son conjoint n’est pas violent, qu’il ne la frappe pas.
Nous prenons le temps d’écouter Fannie. Nous questionnons un peu, sans juger, mais le plus souvent, nous écoutons tout simplement. Des femmes comme Fannie nous appellent parfois. Nous percevons leur désir de se faire respecter, leurs besoins brimés, leur confiance en elles s’envoler. Nous entendons leur remise en question. Que ce soit par rapport à elle, par rapport à son couple, par rapport à sa famille, à ce que ça peut faire pour son enfant. Car il n’y a pas qu’elle dans l’équation, il y a au moins un enfant, une famille. Quelles sont les conséquences d’une séparation sur mon enfant? Quelles sont les conséquences de rester? Est-ce que cela peut affecter mon enfant? Elle est où la ligne entre une situation sporadique, temporaire et une situation de violence qui s’installe, perdure et qui risque d’augmenter avec le temps?
Il faut savoir que la violence peut survenir à n’importe quel moment, sans crier gare. Elle peut s’installer graduellement dans le quotidien du couple. Elle peut provenir d’une émotion refoulée, d’une colère soudaine, d’une accumulation de plusieurs éléments. Elle peut être de différentes formes, pas seulement physique. Ce peut être des menaces, du chantage, des cris, des gestes dégradants, des paroles visant à insulter ou diminuer l’autre, un contrôle financier, etc. Ça demeure de la violence…
Si vous trouvez que l’histoire de Fannie vous ressemble, dites-vous que vous n’êtes pas seule. Cette histoire, nous l’entendons trop souvent. Des femmes, comme vous, qui se questionnent, qui ne se sentent pas bien dans leur relation de couple de façon régulière, qui « marchent sur des œufs » à la maison. Si c’est votre cas, sachez qu’il existe des lignes d’écoute pour vous aider à y voir plus clair. Ce sont des ressources gratuites et confidentielles. N’hésitez pas à les contacter.
SOS Violence Conjugale : 1 800 363-9010
Violence Info : 418 667-8770



